LES SUPPORTERS

(1) Vous ai-je déjà parlé  de Footy ? C’est le sport national en Australie, particulièrement dans le sud, un mélange de football américain et de rugby. On joue avec les pieds et les mains sur un terrain ovale, avec un ballon ovale que l’on « lance » avec le poing, les joueurs, qui portent de tous petits maillots et qui n’ont pas l’air bien virils se poussent, s’agrippent et se castagnent. Une chose très appréciable, c’est que contrairement au soccer, le cinéma n’a pas sa place, aucun chichi, les joueurs tombent et se relèvent aussitôt, pas de temps à perdre, il y a un match à jouer. Ceci dit, moi qui ne connais pas grand chose aux règles du jeu, ce n’est pas sur le terrain que j’ai trouvé mon intérêt mais plutôt dans les gradins.

Dans les gradins, l’ambiance est tout aussi collective que sur la pelouse. Nous sommes nombreuses à avoir un petit ami amateur d’un sport dont on n’est pas vraiment adepte et quand on va au stade, c’est plutôt pour l’atmosphère (2) -ou pour lui faire plaisir, que pour le réel engouement que l’on porte à l’activité en question. J’imagine que venir boire des verres en papotant avec les copines est tout aussi palpitant que de venir supporter son équipe (3). Tout dépend de quel côté on se place. En l’occurrence, le côté « je suis seulement venu pour socialiser », c’est uniquement quand on est Français, car lorsqu’on vit à Melbourne et qu’on est Australien, male or female, on socialise certes, mais on n’est pas là pour rigoler, on est là pour supporter… Autrement dit, il faut être partisan d’une équipe et la soutenir avec la même ferveur que tu soutiendrais ta femme le jour de son accouchement. Il faut choisir son camp, être exclusif et loyal jusqu’à que mort s’en suive. C’est d’ailleurs affolant de voir à quel point les Australiens sont beaucoup plus loyaux envers leur équipe de footy qu’envers leur femme, lol. Ils supportent la même team depuis toujours et aussi mauvaise soit-elle, ils ne changeront pas leur fusil d’épaule. Imaginez ce qu’ils feraient si leur femme devenait nulle ! Vous voyez ce que je veux dire ;)

Le jour de mon enquête, c’était St Kilda versus Adelaide. Première seconde de jeu et le ton est déjà donné (4). Bon jeu, mauvais jeu, tout est prétexte à hurler, injurer, se cogner…. Les supporters prennent leur plus grosse voix et je me suis délectée d’une allitération de mots « doux et soyeux ». Go Saints ! Asshole ! Good kick ! Think ! Idiot ! Open your eyes ! Piss off !… Même les anges se transforment en démons. (5) Plus aucun êtres humains dans les tribunes, tous deviennent hystériques, rudes, vulgaires, méconnaissables. Les femmes deviennent des hommes, les hommes des ogres, les enfants se marrent, les mouettes n’osent plus bouger d’une plume, tout prend une dimension complètement différente. (6) (7) (8) (9) (10)…………………….. (80). Cette fureur est sans doute accentuée par les 80 bières qu’ils ont réussi à ingurgiter avant même que la deuxième mi-temps ne soit commencée. Un match de footy sans pinte, c’est impensable. Hurler, regarder, commenter et boire, rien ne les freine dans leur ascension.

Ma petite investigation m’a aussi conduite sur la route des relationships qu’entretiennent les pro avec les fans. J’ai en effet constaté qu’ils ont une relation toute particulière, ils sont « mate » et « bro » mais ça, uniquement les supporters le savent. Ces derniers donnent même des petits surnoms à leurs idoles adorées, cute ! Equipes, amour, passion, loyauté, bières, joueurs, stade, bars, friends, écharpe… voilà de quoi se construire une vie bien remplie.

Autre point très important… le vrai supporter suit tous les matchs. Bar ou stade, il n’en rate pas un. Ci nécessaire, il se déplace pour soutenir son équipe, jusqu’à se retrouver parfois dans des bleds paumés et se voir obligé de passer la nuit dans un motel miteux pour le prix d’une super nuit au Ritz (souvenir quand tu nous tiens !). Aussi, être supporter, c’est dans les gênes, ce n’est pas une décision, ça se transmet de génération en génération. La notoriété du footy dans le pays est ci colossale, qu’être membre d’un club est encore plus périlleux que d’obtenir une place en crèche, la liste d’attente est longue de 11 ans, pas mal non ?! Alors il est préférable d’anticiper et d’inscrire sur cette liste le futur nom de ton futur enfant que tu auras peu être pas dans quelques années.

Désormais je m’adresse à toi, le bleu du footy, le novice, l’étranger, si tu t’apprêtes à partir voir un match, il va falloir que tu te prépares comme un joueur professionnel le ferait. Conditionne toi bien psychologiquement parlant et prend un bon bouquin, tu ne vas pas tarder à passer les plus longues heures de ta vie (debout qui plus est) car en plus d’être à chier, un match de footy est interminable. Oserais-je te demander combien de bière peut-on boire en 4h ? Les mi-temps n’en finissent plus et la sensation que tu vas finir tes vieux jours dans ce stade ne te quittera pas non plus (100). Alors souviens toi que, « la patience est un chemin d’or » et « le tunnel à une fin » ça, c’est de moi, lol :)

Oups, Pardon, I’m Just French ;)

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