Where to invade next, Michael Moore (2016) 

Travailler en Italie et profiter des avantages sociaux, parfaire son éducation alimentaire en France, demain cantine les enfants!, aller à l’école en Finlande pour être plus performant intellectuellement, être incarcéré en Norvège pour une petite retraite pénitentiaire digne d’un cottage escape, partir faire un « weed trip » au Portugal et si jamais vous avez des envies de meurtre, assez fréquent chez les couples, tâchez de le mettre à exécution en Norvège.

Ce documentaire, à l’affiche en ce moment, est un doux rêve dans lequel on aimerait se lover, c’est un petit bonbon au chocolat, un Atlantide des temps modernes. Michael Moore nous offre un réquisitoire totalement idéologique sur un plateau d’argent, ne montre que le bon côté de certains pays à l’Est de l’Atlantique, ce qui renforce l’image peu flatteuse des Etats-Unis, comme il a l’habitude de les dépeindre !

Il faudrait donc prendre la bonne idée de chacun des pays pour finalement créer le paradis sur terre. Mais, à défaut de ne pas pouvoir « encore » poser nos valises dans le plus merveilleux pays du monde, le réalisateur nous gratifie tout bonnement d’un super carnet de voyage, pas besoin du Lonely Planet pour votre prochain tour du monde.

Si tout comme moi vous aimez fantasmer sur un monde meilleur, allez vous imprégner de ce positivisme idéologique.

Michael si tu me lis (on a le droit de rêver), où est mon drapeau ?!! Il plante son drapeau dans tous les pays mais pas en France, je tiens à savoir pourquoi… Si quelqu’un a la réponse, dites-le moi ! 

Finding Vivian Maier, John Maloof (2014)

Mystérieuse, excentrique ou psycho ? En regardant ce documentaire tourné un peu comme un thriller, le doute m’a parfois envahi. Pas de doute en revanche sur le fait que Vivian Maier est une photographe talentueuse et étrange. Elle prenait des photos de manière passionnée voire compulsive, elle prenait des photos partout, de tout et de tout le monde, des passants, de son entourage, dans son quotidien, etc mais la rue était de loin son terrain de jeu préféré.

John Maloof est l’homme à l’origine de ce film. En tombant par hasard sur les clichés photographiques, il a immédiatement su qu’il venait de trouver une pépite et c’est fait foie de mettre en lumière le travail de Vivian Maier alors, totalement inconnue de tous. Chose promise, chose due, il a aujourd’hui fait de cette femme une artiste posthume désormais exposée dans le monde entier.

Tout au long de sa vie, elle aura cumulé plus de 100 000 clichés sans jamais ne les avoir montré à quiconque. À ce jour, elle est considérée comme l’une des pionnières du « Street photography ». Destin maudit, vie marginale, elle est une artiste énigmatique, ce qui rend le documentaire passionnant et intéressant. Pour tous les amoureux de la photographie et pas que… ce film est fascinant, captivant, inspirant, j’ai A-D-O-R-É et je le recommande plus que tout.

Jihad, A Story of the Others (2015)

Jihad, A Story of the Others traite du terrorisme et plus précisément du processus de la radicalisation qui a plongé des individus dans l’extrémisme. Plusieurs personnes font face à la caméra et témoignent de leur implication dans le djihalisme durant les années 80 et 90. Les interviews sont données par la réalisatrice elle-même, qui questionne et cherche ses réponses en se débarrassant des tabous. Il ne s’agit pas ici de trouver des excuses à leurs actions, mais de comprendre pourquoi, un jour, ils en sont arrivés à cette extrême rage.

Juste un petit bémol… Deeyah Khan aurait pu aller plus loin dans ses interviews. Depuis le temps que le terrorisme existe, on est bien au courant que la raison sociale est au coeur de tout cet engrenage. Cependant, ce qui est très intéressant, c’est d’entendre ces raisons de la bouche de ceux qui sont directement concernés. Plus encore, il est assez déconcertant de voir avec quelle légèreté certains anciens djihads peuvent s’exprimer.

Ce n’est, non sans une certaine émotion, que l’on écoute ces témoignages, en particulier celui d’Abu Muntasir qui arrache le coeur tellement la culpabilité est palpable. Tous ces faces à faces sont scénarios avec des prises de vues et des couleurs sublimes et intenses qui donnent encore plus de profondeur au film.

Ce documentaire est puissant et fait encore plus écho aujourd’hui, après ces multiples attaques. À voir absolument.

Cliquez ici pour regarder le documentaire en entier. Je ne l’ai trouvé qu’en anglais.

DocumentaireThe salt of the Earth (2014)

Beauté, engagement, lumière, humanité, planète… ce reportage met l’accent sur le travail magnifique du photographe Sebastião Salgado et nous montre toute la passion et la patience de l’artiste pour capturer la bonne photo. Le photographe a passé une grande partie de sa vie à photographier l’horreur de l’humanité qui est montrée dans la première partie du documentaire. Mais à force de trop côtoyer le malheur, il a fini par se tourner vers la nature, un nouveau sujet de prédilection qu’il sublime magnifiquement et que l’on découvre dans la deuxième partie du film.

Les réalisateurs, le cinéaste Wim Wenders et Salgado, le fils, ont choisi Sebastião lui-même pour narrer sa propre vision du monde. Il nous livre ainsi son point de vue, ses émotions, son oeuvre et son contexte, bref, nous éclaire sur son travail au travers de ses mots et de ses photos. Pendant environ 2h, on voyage de continent en continent pour admirer le portfolio incroyable d’un humaniste engagé.

Ce documentaire est une perle cinématographique, un hommage d’un artiste à un autre, une note visuelle que l’on regarde avec délectation. (Vous pouvez voir le film en entier en Français sur youtube « le Sel de la Terre 2014 Film Complet »).

Surtout, n’hésitez pas à commenter si vous avez, vous aussi, un documentaire à nous recommander ou si simplement vous voulez partager votre point de vu sur ces documentaires.